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Humeurs

Jeudi 24 novembre 2005

Depuis quelques jours, je me promène sur la toile à la recherche d'annuaires de blogs.....  je vais et viens, à droite et à gauche, histoire de découvrir un peu plus cet univers qui m'était encore inconnu il y a peu....

Certes on ne peut pas dire que les catégories utilisées par ces mêmes annuaires soient des plus précises, mais je constate qu'il est furieusement difficile de s'y retrouver, ou plutôt d'accéder à des blogs qui vous conviennent, vous parlent, ou avec lesquels vous vous sentez en corrélation.

Je comprends qu'il ne soit pas aisé de recouper plusieurs informations ensembles, mais j'avoue que la pauvreté des listes me laisse un peu pantois.

Bref, je n'arrive pas à me glisser dans une communauté ou une autre....

En soit, ce n'est pas très grave, je vais juste continuer un petit bonhomme de chemin......, continuer à deviser ici, sans me soucier du reste.

Il m'est encore difficile de mettre les choses en place. De penser à l'article que j'ai envie d'écrire, d'imaginer, de manière générale, à quoi devrait ressembler ce blog. Mais j'ai justement une vision trop globale des choses, et la sale manie de me dire que chaque article doit venir ici avec raison,  que ces mêmes articles doivent se répondre entre eux, qu'ils doivent dessiner peu à peu un univers qui est le mien.

Voilà bien de mauvaises raisons, et de mauvais procès.

Alors dans l'absolu, je vais tenter de dépasser tout ça et me lancer sans état d'âme, ni idée d'une construction quelconque, dans ces billets d'humeurs, de lectures et de réactions.

Pour la suite........ on verra.....

Par scape
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Mercredi 30 novembre 2005

"Oublier c'est aussi, par un détour personnel, se révolter. C'est sacrifier le prestige du passé et ébranler le trésor de la mémoire. L'insurrection du faible qui ne peut s'accomoder du legs qui l'encombre.

L'oubli est une révolte par défaut."

Georges BANU : "L'Oubli" Editions Les Solitaires Intempestifs

En travaillant sur le théatre, son rapport au texte, Georges BANU a écrit ce court essai où mémoire et oubli se côtoient et s'entremêlent.

J'ai travaillé, il y a quelques temps de cela, sur la thématique de la mémoire. Inspiration littéraire et historique, c'est ma propre mémoire que j'interrogeais alors. Comment se construisent les souvenirs, comment perdurent-ils ? Il s'agit là d'un chantier en mouvement perpétuel, que chacun élabore à sa manière.

J'avais découvert, alors, un autre ouvrage qui a bouleversé mon approche de la mémoire, et en particulier de la mienne : "La Mémoire Saturée" de Régine ROBIN.

L'histoire nous entoure, le passé s'impose dans nos sociétés contemporaines et nous mettons une bonne partie de notre savoir à le glorifier, à l'écrire, à le réécrire, à l'inscrire dans le marbre des monuments commémoratifs et à l'interpréter dans tous les sens... Nous nous égarons dans un trop plein de souvenirs.

J'aime à m'imaginer que ma mémoire est à l'image d'un immense meuble à tiroirs, que l'on ouvre et que l'on ferme en fonction de nos apirations. Tout s'y mèle, les images et les écrits, les impressions et les odeurs, les photos et les objets...., une véritable "diététique du cerveau" !!

J'aime à m'imaginer également que ce blog est une partie de cette mémoire mise en ligne. Quelques pages de carnet que l'on aurait arraché et qui traînent là sans ordre apparent.  Chaque article est pensé comme un instantanné, une courte pause de l'esprit. Mais "pensé" est peut-être un bien grand mot, abandonné serait plus juste...

Remettre de l'ordre là-dedans

et relire d'urgence "Tous les Noms" de José SARAMAGO

 

Par scape
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Jeudi 1 décembre 2005

"C'était comme si le passé neigeait sur nous", écrit Jean-Christophe Bailly. Oui, la neige du passé à Stalingrad, la neige de la Kolyma, des plaines d'allemagne, de Pologne et de Russie, la neige des forêts de Birkenau à la lisière du camp, la neige des milliers de débris et la poussière qui tombaient de l'effondrement des tours du World Trade Center ; la neige des confins, des frontières invisibles et brouillées, la neige des bandes magnétiques qui s'effacent et des logiciels obsolètes, la neige des cheveux de Krapp, le personnage de "La Dernière Bande" de Samuel Beckett, qui écoute les enregistrements qu'il a faits de lui-même à trente ans de distance et qui n'en revient pas ; la neige des mémoires blessées, précaires, des passés impensés, insensés, qui nous habitent à notre insu et qui font retour.

C'est comme si le passé neigeait sur nous.

 

Régine ROBIN :

La Mémoire Saturée. Editions Stock 

 Collection Un Ordre d'Idées - 2003

Par scape
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Jeudi 1 décembre 2005

Une date, une seule, pour une journée manifeste.

Qu'est devenue la cause nationale 2005 ??

Entendu ce matin sur France Inter un constat amer.

Au micro, un photographe, Samuel BOLLENDORFF, auteur d'un reportage photographique sur les malades du sida, au Malawi, en Ouganda, au Brésil et en Russie. Son regard était celui d'un homme d'image, un regard analytique sur ces hommes et ses femmes, sur leurs corps et sur la représentation qu'ils en donnaient. Son discours était simplement humain, dans la mesure où ces images, ramenées d'un peu partout, véhiculaient toutes le même message : la vigilance, et plus que jamais l'acceptation de l'autre.

Ces photos font l'objet d'une exposition à Nice : Silence Sida, exposition au Centre Universitaire Méditerranéen.

Dans cette emission (Eclectik), où les intervenants évoquaient de manière pertinente la manière dont la maladie était interprétée aujourd'hui dans nos pays occidentaux, et en particulier en France, la question de l'image fut primordiale.

Samuel BOLLENDORFF expliquait que les jeunes générations, entre autre celles des lycéens actuels, n'avaient pas connu l'époque, au début des années 90, où le sida s'affichait dans nos vies dans toute sa dureté et son apreté. Les images étaient alors terriblement violentes et abruptes. La maladie s'affichait souvent sans artifice, et donnait à juste titre, cette impression de danger, face auquel il était urgent de se protéger. Tout devenait urgence.

Les avancées de la médecine, l'apparition des multi-thérapies ont bouleversé cette urgence. Certains ont même cru qu'il en était fini du sida........ et les contaminations ont reprise de plus belle. Il est difficile d'entendre dès le matin une litanie de chiffres, et pourtant......  entendre qu'en France, trois personnes sur dix  pensent qu'il existe un vaccin contre le sida, ça percute.

Ces images dont on détournait les yeux étaient loin, en effet. Il fallait faire dans le consensuel, dans le propre.

Il est à nouveau urgent de dire et de redire que le sida n'est pas "vivable", de le montrer....

Que ces photos soient vues par des adolescents est quelque chose de primordial. Aujourd'hui notre urgence, et la leur, est de comprendre et de se protéger.

Par scape
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Vendredi 2 décembre 2005

Dans un commentaire récent, on me faisait remarquer combien mon écriture était "juste" et en bon français. Un grand merci encore à l'auteur de cette remarque, ...... mais  j'avoue que cela entraîne de facto une petite mise au point linguistique de ma part.

 En toute honnêteté  il faut bien que je vous dise que mon ami dictionnaire ne me quitte jamais. Je m’y réfère très régulièrement pour être sûr de mon orthographe, de ma tournure de phrase. J’aime à trouver le mot juste, et franchement je respecte trop la langue, les mots, leur orthographe pour me permettre de les écorcher ou de les réduire à une onomatopée.

 Si je le pouvais, je remplirais ma bibliothèque de dictionnaires en tout genre. J’adore les feuilleter, fouiller, les ouvrir au hasard et redécouvrir un mot, une expression, une citation…. Il s’agit d’un jeu en fait, comme un immense puzzle, un monceau de lettres avec lesquelles nous pouvons jongler à l’infini…

 Et pour être honnête encore un peu plus, je travaille dans le milieu du livre. L’écrit  m’entoure en permanence, et sous toutes ses formes,  je baigne dedans. Mes lectures, éclectiques ô combien, me permettent de voyager dans la langue et dans des univers linguistiques très différents les uns des autres. Je remarque d’ailleurs que l’écrit a tendance à me submerger quand je constate avec dépit l’état de bazar absolu dans lequel se trouve ma bibliothèque !!

 Mais peu importe, il s’agit là aussi d’une véritable expédition quand je me mets à chercher un titre en particulier. Le voyage s’avère être passionnant  d’ailleurs. Vous finissez toujours par tomber sur autre chose, auquel vous n’aviez pas pensé de prime abord et qui finalement prend le dessus sur votre recherche. J’adore rebondir comme ça, d’une envie à l’autre….      Je cherche un vieil exemplaire du « Rivage des Syrtes » et je me retrouve à feuilleter une histoire du cinéma expressionniste allemand, mais tout en lorgnant du côté d’une édition des « Faux monnayeurs » dont je n’avais aucun souvenir, et qui se trouve coincée sur l’étagère, dans une logique toute personnelle, entre « Au Cœur des Ténèbres » et « Les Carnets de Guerre » de Louis Barthas.

 J’aime à croire que ce fameux bazar est à l’image de mon organisation propre, comme une représentation de ce qui peut me passer par la tête, ou du fonctionnement de ma mémoire. Que de méandres et de labyrinthes, que d’associations hasardeuses qui au bout du chemin feront sens pour vous et pour vous seul.

 Là se trouve peut-être la raison pour laquelle j’aime autant utiliser l’écriture.

 Je vous donne sûrement l’impression de partir dans tous les sens, mais c’est à l’image de ma pensée.

 La totale déstructuration de ce blog dans la gestion de mes articles n’a aucune importance. J’ai un immense plaisir à écrire ces mêmes articles, et je revendique mon désordre d’écriture et mes chaos de mots ……..

alors à ceux qui tentent de suivre le fil et de démêler l’écheveau : Chapeau bas !!!

Par scape
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