L'OUBLI

"Oublier c'est aussi, par un détour personnel, se révolter. C'est sacrifier le prestige du passé et ébranler le trésor de la mémoire. L'insurrection du faible qui ne peut s'accomoder du legs qui l'encombre.
L'oubli est une révolte par défaut."
Georges BANU : "L'Oubli" Editions Les Solitaires Intempestifs
En travaillant sur le théatre, son rapport au texte, Georges BANU a écrit ce court essai où mémoire et oubli se côtoient et s'entremêlent.
J'ai travaillé, il y a quelques temps de cela, sur la thématique de la mémoire. Inspiration littéraire et historique, c'est ma propre mémoire que j'interrogeais alors. Comment se construisent les souvenirs, comment perdurent-ils ? Il s'agit là d'un chantier en mouvement perpétuel, que chacun élabore à sa manière.
J'avais découvert, alors, un autre ouvrage qui a bouleversé mon approche de la mémoire, et en particulier de la mienne : "La Mémoire Saturée" de Régine ROBIN.
L'histoire nous entoure, le passé s'impose dans nos sociétés contemporaines et nous mettons une bonne partie de notre savoir à le glorifier, à l'écrire, à le réécrire, à l'inscrire dans le marbre des monuments commémoratifs et à l'interpréter dans tous les sens... Nous nous égarons dans un trop plein de souvenirs.
J'aime à m'imaginer que ma mémoire est à l'image d'un immense meuble à tiroirs, que l'on ouvre et que l'on ferme en fonction de nos apirations. Tout s'y mèle, les images et les écrits, les impressions et les odeurs, les photos et les objets...., une véritable "diététique du cerveau" !!
J'aime à m'imaginer également que ce blog est une partie de cette mémoire mise en ligne. Quelques pages de carnet que l'on aurait arraché et qui traînent là sans ordre apparent. Chaque article est pensé comme un instantanné, une courte pause de l'esprit. Mais "pensé" est peut-être un bien grand mot, abandonné serait plus juste...
Remettre de l'ordre là-dedans
et relire d'urgence "Tous les Noms" de José SARAMAGO