INTERDIT AU MOINS DE 18 ANS


Je me rebelle, je me porte en faux, en soulignant le passage régulier sur ces mêmes pages de certains habitués des mots, et la qualité des commentaires qu'ils y laissent.
Oui, bah ça va... c'est pas la peine d'en rajouter une couche..... et puis d'ailleurs le grand déballage n'a jamais été mon fort, je serai plutôt tendance petites touches savamment dosées.
Il faut savoir montrer sans démontrer, c'est là l'art du déshabillage d'écran !!
Je regrette d'autant plus que d'aucuns passent totalement à côté de la charge érotique et parfois subversive de ce type de photos "à l'ancienne".
Mais que croyons-nous ? Que nous sommes les premiers à transgresser ? C'est bien mal connaître l'Histoire des moeurs et des mentalités.
Ah bon ?? Vraiment ?
Rien n'est moins sûr, selon moi, et c'est même le contraire qui aurait tendance à s'imposer. Certes on exhibe, on montre, on "microscope"..... mais qu'il a-t-il de transgressif là-dedans ?
Plus on dévoile, plus le puritanisme et la "bonne" morale envahissent nos terrains de jeux !
Eh bien justement parlons-en. Les premiers films pornographiques, y compris "gay", ont été tournés dès les débuts du cinéma, c'est-à-dire au début du siècle dernier. Et puis s'il faut s'arrêter au discours et aux mots, que dire des textes magnifiques des libertins du 17ème et 18ème siècles. Il est temps de se rendre compte que nous n'avons rien inventé en terme de liberté. Rien inventé depuis la "Carte du tendre". Nous réutilisons, nous consommons, déformons.....
Pire. Ce que nous avons perdu, c'est l'imaginaire et l'imagination. L'imaginaire d'une sensualité, et l'imagination du corps de l'autre. Quel dommage et quelle perte....
La chair devient fade à force d'être montrée, elle perd tout intérêt et tout désir d'enfreindre la moindre des barrières.
Peut-être, même si à contrario, je persiste à croire que je reste dans le bon chemin. On a depuis longtemps oublié que le cerveau était bien utile dans les choses de l'amour, et honnêtement, j'ai là encore le désir de me servir du mien.
Refroidi ? Je ne pense pas que le terme soit franchement adéquat. Il me semble, bien au contraire, que leurs mots n'ont jamais été autant sulfureux et empreints d'un désir que rien ne semble surpasser.
Lettre IX : Du Chevalier au Baron
"Il n'est plus tems, Baron, mon secret m'est échappé. J'aimois, je l'ai dit, & j'aime davantage. Ecartez la triste lumière de l'expérience. Je me plais dans mon aveuglement, dans mon délire ; la raison n'y peut rien. Sûr d'être malheureux, sûr de l'être toujours, je n'en serois pas moins affermi dans mon sentiment ; que dis-je ? Il n'y a de vrais malheurs à craindre, que quand l'amour est faible. L'excès de la passion fait tout supporter ; la mienne ne connoît ni conseils, ni frein. Je ne sais si les pressentiments de mon coeur me trompent ; mais l'avenir ne m'effraie pas. [...] L'amour, au degré où je le ressens, est la perfection de l'humanité."
Claude-Joseph DORAT
Les Sacrifices de l'Amour
Editions Le Promeneur
Aujourd'hui, chacun passe son temps à s'épancher ou à se vautrer.
En ce qui me concerne, je préfère passer le mien à me consumer....