DE LA GRATUITE
"La Vie est-elle gratuite" ?
Je me suis posé cette question quand pour la énième fois j'ai vu quelqu'un passer par dessus les barrières (toutes symboliques) à l'entrée du métro, puis quelques secondes après se retourner et me demander avec toute la nonchalance de son âge si je n'avais pas une clope !!!
Je peux comprendre que l'on puisse passer outre l'obligation de payer, et ce dans certaines conditions. J'aimerais ainsi que la RATP ou la SNCF puisse mettre en place des programmes de gratuité des transports publics pour certaine catégories de personnes, chomeur, rmistes, étudiants..
Au-delà de ça, et c'est sans doute l'aspect "vieux con" de ma personnalité, je ne peux supporter que l'on puisse élever cette manière d'être comme éthique de vie.
Outre la question du respect, il ne peut s'agir en aucun cas d'un exemple de vie en société. D'aucuns diront par ailleurs qu'il faut "se foutre de la chose publique", et ceci est alors exactement pour eux la revendication extrème, leur minable petite révolution, crise d'adolescence foireuse et totalement individualiste.
J'air l'air du dernier imbécile assis sur la branche qui continue peu à peu à céder. Eh bien tant pis, je resterais assis là.
Il m'est difficile de comprendre de telles volontés lorsque dans le même temps on désire profiter au maximum de ce que notre société de consommation propose. Et c'est là que la fissure commence, césure infranchissable entre le désir individuel porté aux nues, et la vie en communauté, avec son fonctionnement inaliénable.
J'ai baissé les bras face à de tels agissements et à de telles manières de faire. Je me garde juste le droit de ne pas leur donner la parole. Je me refuse à écouter de tels propos.
Parce que oui nous ne vivons pas seul.
Parce que oui le bien commun n'est pas juste une idée en l'air.
Le vieux con que je suis, assis sur sa branche, continue à penser que le respect d'autrui passe aussi par-là, par le faît de payer des impôts (même si l'on râle à chaque fois), par la considération de l'autre, par le faît de tenir compte de la notion de "public", par l'abandon du "moi,moi,moi", et par une prise de conscience sociétale.
A côté de moi, sont assis pas mal de monde....
Me voilà rassuré, la branche a l'air de tenir encore un peu......