DE LA CATASTROPHE
La mode est au risque. Chaque jour, chaque soir, la litanie semble être la même. A croire que nos vies, nos réactions doivent s'englober dans ces théories de la catastrophe que l'on nous assène sans ménagement aucun.
La conjoncture de ceci, l'environnement de cela, nous voilà embarqués sur la route de la sinistrose. Cette même route au virage anguleux ? Ciel plombé sur épaules tombantes ?
La catastrophe gangrène nos sociétés, rend insipides nos politiques. Tout est catastrophique....
Viennent ensuite ceux qui lèvent le doigt, comme les premiers de la classe, s'arroge le droit de l'ouvrir plus que les autres, pour brailler à tue-tête qu'il faut savoir raison garder.
Ils passent ainsi leur temps à dénoncer le caractère maussade des autres, à jurer leurs grands dieux qu'eux-mêmes ne tomberont pas dans le panneau, qu'ils sont les garants de machin et de truc, bref qu'ils gardent la tête haute sans un regard pour les tristes figures qui soit disant les entourent et les cernent, et tout ceci sans jamais se rendre compte qu'ils ne vivent et ne se nourissent que de ce même terreau putride de la catastrophe.
Les donneurs de leçons sont légion et sont finalement les vrais profiteurs, et sans vergogne, de l'ambiance angoissée qui règne, de la peur institutionalisée....
Mais depuis quand avoir peur est-il une solution ? Faire peur est un jeu politique certes en vogue, mais n'est-il pas temps de dénoncer et de couper ces trop grosses ficelles ?
Propagande du pire.
Propagande du rien.
Car la catastrophe et son utilisation à outrance ne sont que les prémices de nos sociétés ridicules et de nos plus profondes lâchetés.