SECURITAIRE
Depuis quelques jours, le métro parisien (et il n'est pas le seul) retentit des "alertes enlèvement d'enfant" instaurées depuis peu par le gouvernement et le ministère de l'intérieur.
Si l'action semble louable, la forme me paraît un peu plus sujette à caution. Nous entrons dans le domaine de l'empirique.
N'y a-t-il pas encore une fois une surenchère du sécuritaire, et du tape-à-l'oeil cathodique afin de nous dire encore et toujours, "dormez sur vos deux oreilles", "nous avons le controle, la capacité de ..."
Je ne m'insurge pas contre un processus d'urgence mis à l'encontre de ce type de problème (même si il ne faut plus s'étonner de ces parades "communicantes" en ces temps de pré-élections, et de l'urgence dont il faut traiter l'urgence !!), je m'interroge simplement sur la pérrénité d'un système qui institutionalise la délation et le "neighbour watching".
je m'interroge également sur le tour de force médiatique auxquel nous avons assisté, et qui recèle d'autres vérités dans une ombre toute relative.
Encore un problème de définition, celle de l'enlèvement.... Il faut en effet pour déclencher cette alerte que l'enlèvement soit avéré. Et dans les deux cas dont les médias se sont fait l'écho, le / la ravisseur (se) étaient déjà connus ou soupçonnés.
Enlèvement n'est donc pas disparition, et la différence entre ces deux situations est abyssale.
Une disparition semble toujours plus aléatoire, elle porte en elle nombre de questions et de failles. Des zones indéfinies qui n'ont d'ailleurs pas trouvées grâce au yeux des politiques. Et pourtant c'est, il me semble, ce que réclame aussi les associations de parents dont les enfants ou les proches ont disparu. Problème récurent de mise en place d'une véritable volonté.
Mais disparaître peut aussi relever d'une volonté propre, alors pas question de mettre la France sens-dessus sens-dessous....
Disparaître est bien moins porteur. Difficile de communiquer là-dessus avec les trémolos dans la voix et de circonstance. Difficile d'expliquer aux gens la vigilance, quand on désire juste mettre en place une vindicte populaire...
Je deteste ce monde qui montre du doigt sans cesse pour dénoncer à tort et à travers.
Quand j'étais petit, ma mère me disait toujours que c'était très malpoli de montrer du doigt comme ça.
Et si l'on remettait la politesse au goût du jour ?