TRANQUILLE
Il y a silence. Un doux moment de silence.
Comme si l'air et le temps se suspendaient. Une infime parcelle d'immobilité, instantané cotonneux où il fait bon s'endormir, où l'abandon semble inévitable.
Il y a silence. Un doux moment de silence.
Comme si la ville dormait, comme si les champs noirs de fumée contenaient leur propre fureur. Plus de bruit, plus de chants, je n'entends qu'un battement à mes tempes.
Il y a silence. Un doux moment de silence.
Comme si mon corps s'enfonçait peu à peu dans une chaleur improbable. Délice de la chute retenue, mes paumes contre terre, je goûte et je touche la pluie. Boueuse et tendre couche.
Pas de val, ni de mousse. Ni de romantique blessure au côté droit.
Il y a juste silence ou cri que l'on étouffe.
Le sol absorbe les chaos.
Mes yeux se ferment en silence, dans le refus, dans le déni.
Comme un enfant, je joue à la mort.