QUAND LA PENSEE BAGUENAUDE
Il y a des jours comme ça.
Vous voilà devant votre écran, devant votre clavier et puis rien.
La mémoire ne fonctionne pas, l'envie ne se déclenche pas. Toujours rien.
Et pourtant vous restez là.
Rien ne se passe ? Bon, je vais aller faire une lessive et puis je reviens.....
La machine ronronne à l'autre bout de l'appartement et je suis à nouveau assis là.
Que voulez-vous, il y a des jours comme ça.
Du coup j'en ai profité pour me préparer un café. Autant se réveiller....
J'allume une cigarette. De mieux en mieux pour la santé.
Etrange moment que celui-ci. Ce n'est pas que cela soit désagréable. Non, au contraire. Les mots ne sont pas absents, c'est juste qu'ils se bousculent dans un ordre qui leur est propre et qui ne vous permet pas de faire le ménage. Je crois finalement que j'apprécie assez ces instants un peu étranges où votre pensée baguenaude, où les fils se perdent dans l'écheveau.
Je ne me sens pas inutile, c'est plutôt comme une impression d'être en "stand by". Un peu lorsque vous vous trouvez coincé dans un aéroport, sans la possibilité d'en sortir, et que vous devez attendre des heures votre correspondance.
Voilà, c'est ça, ce matin mon bureau ressemble à une salle d'attente d'aéroport. Les suaves annonces des hotesses et autres stewarts en moins.
Attendre et se laisser porter par les minutes qui passent. Ne pas bouger inutilement, cela ne pourra pas aller plus vite. Rester là et se sentir dans un cercle parfait, celui d'être, à ce moment précis, parfaitement à sa place.
Être immobile, n'est pas immobilité.
Votre corps s'accorde une pause, voilà tout.
Le temps qui s'allonge vous souffle des mots à l'oreille....