PETITE PENSEE POUR LA NOTE DE BAS DE PAGE

Publié le par scape

                           Comme tout un chacun, j'ai un jour ouvert un livre ( toute ressemblance avec un pavé serait fortuite), et découvert effaré un nombre incalculable de notes, de renvois, de citations, le tout auréolé d'une bibliographie qui dépassait l'entendement.

Contre toute attente, je suis définitivement attiré par la complexité et ma curiosité maladive fait le reste. Ma lecture s'annonce propice à la découverte.

Première chose, et c'est une habitude comme les autres, ce sont les bibliographies que je lis en premier.  C'est fou ce que l'on peut apprendre d'une liste de livres. Bien loin d'être fastidieux, la lecture d'une bibliographie vous donne une masse de renseignements sur les inspirations de l'auteur et sur sa méthodologie. Indispensable !

Dans le corps du livre, dans le corps du texte, et cela ne vous étonnera pas, ce sont finalement les marges qui me fascinent le plus. C'est un endroit idéal pour y griffoner quelques mots, quelques impressions, et puis surtout il y a cette marge du bas, celle dans laquelle se trouvent les fameuses notes de bas de page.  Vos yeux passent du texte à la note, et puis de la note au texte, comme s'il s'agissait d'une conversation que vous suiviez entre deux personnes silencieuses.....

L'un renvoie à l'une, et l'une renvoie à l'autre. Il s'agit d'une joute de mots, comme une foule de détails qui soudain vous envahissent et donnent sens à la pensée. La note de bas de page permet et autorise toutes les audaces.  La première tente d'approfondir une hypothèse, quand la suivante vous propose d'élargir vos lectures. Il y a des "cf." des "inc.",  quelques chiffres et une kyrielle de "déjà cité"... !!!

Le monde de la note de bas de page est un monde à part, peut-être même un monde parallèle au sein duquel la pensée agirait librement, délivré des carcans de l'écriture universitaire. Un refuge où l'auteur se dévoilerait par quelques indications littéraires et personnelles. Un espace "en marge", délibérement réduit mais qui vous en dit tellement à qui sait lire entre les lignes.

Et c'est justement ce qui rend cette "marge" fascinante. Il faut déconstruire le texte, rebondir sur tel ou tel mot, s'autoriser à sauter un paragraphe et se focaliser sur une expression qui vous semble proche. Il y a dans les notes de bas de page un univers à explorer, celui de la vision intime de l'auteur, la construction de sa méthode et sa façon de respirer.

La note de bas de page est le souffle ténu qui permet l'envol de la lecture.

Et puis il y a ses propres notes dans le bas de la page. Quelques impressions personnelles, quelques touches, quelques signes griffonés. Les ratures d'une pensée qui s'active, la flèche qui vient de se décocher.

Dans mes marges, il y a aussi tout ça, des mots qui s'invectivent et des passions qui se révèlent. Une écriture qui s'entrechoque et des pensées qui refusent l'effacement.

Dans mes marges il y a ce qui m'entoure et m'enveloppe.

Dans mes marges il y a des notes de bas de page qui me rappellent que l'oubli n'est pas de mise.

 

 Aujourd'hui dans mes notes de bas de page, il y avait une pensée pour Jean-Yves dont le retour parmi nous est déjà noté sur la page suivante

 

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Publié dans Marge

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