DU CÔTE DE LA PLAGE
Plus rien ne se passe, tout est mort.
Du côté de la plage sont enfouis sous le sable et en vrac tous les problèmes, tous les politiques, tous les non-dits, toutes les fausses promesses et sans aucun doute, toutes mes illusions.
Plus rien ne se passe, tout est mort.
Paris s'est vidé, je le répète, je me répète, mon cerveau prends aussi des vacances.
Du côté de la plage, j'ai laissé mes derniers neuronnes, à croire que je ne réfléchirai à tout ça qu'à la rentrée. Le mot fatidique déjà sur les lèvres. Eternel recommencement.
Plus rien ne se passe, tout est mort.
J'ai perdu le fil, j'ai dénoué les liens. La parole se vide ou plutôt se perd. Le plafond au-dessus de ma tête s'éloigne encore un peu plus de moi. L'air est plus lourd, plus dense, il se compresse.
Du côté de la plage, l'anniversaire de 1936. Le sable s'imisce dans toutes nos failles, il comble nos faillites. Cruelle comparaison, piquante métaphore. Ne reste plus qu'à aditionner grain après grain.
Plus rien ne se passe, tout est mort.
Ma litanie est musicale, mais je suis le seul à en entendre les notes. Mes catastrophes sont ridicules, mes mots minuscules.
En moi plus rien ne se passe.
Tout est mort.