SISYPHE

Publié le par scape

Nous sommes tous des Sisyphes, désespérement accrochés à notre rocher.

Sans arrêt, sans faiblir, il roule, sans arrêt il tombe, mais les bras ballants, nous ne pouvons nous résoudre à le laisser là...

A chacun sa pierre, et peu importe à quoi elle peut ressembler. L'unique est unique. Elle n'est rien et elle est tout, : chance, but, raison,.... raisonnée, raisonnable,...... quoi d'autre ?

J'aime savoir que je suis un tant soit peu responsable de mes névroses, de mes sales habitudes, de mes vacheries, de mes non-résolutions.

Un nouveau commencement dans le calendrier du temps, et déjà me voilà à pousser ce foutu rocher.

Des bonnes idées.

De bons sentiments.

De bonnes décisions.

Que nenni. Laissons tomber. Je vais plutôt tenter de placer ce bout de caillou, là-haut, tout là-haut, .... et puis recommencer.

Rien n'y fait, rien ne marche. Pas de bonne parole, Sisyphe je suis, Sisyphe je resterai.

Sans être hostile au changement, je reste réfractaire à l'obligation de ce même changement.

Imperturbable.

Je n'ai pris aucun rendez-vous.

Avez-vous ?

 

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Publié dans Marge

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P
là où d'autres savent mettre des mots, je vis ce sentiment chaque fois que je prends ma plume ou plu simplement quand j'entre dans l'eau - vais-je encore savoir me promener de longueurs en longueurs pendant une  petite demie heure ?- ou prends mon vélo - aurais-je la force de monter sans faillir la côte du Grand Bournan et descendre sans tomber et à vive allure celle qui me conduit au bureau?- ou commence ici à écrire un mot dont la fin n'est pas prévué, mot qui pourrait durer toujours, partir et recommencer pour découvrir parfois mon incapacité, d'autres fois un allant insoupçonné, plus rarement m'enthousiasmer de ma pauvre performance.
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H
Et nous sommes ainsi faits que, quand las d'être des Sysiphe, nous remplissons obstinément le tonneau des danaïdes.
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