DES MOTS ET DES SIGNES

Publié le par scape

 

S'interroger sur le langage est une bien belle idée (Merci Jean-Yves, de nous mener constamment vers le haut...  http://culture-et-debats.over-blog.com/ )

Le langage est une quête. Une sorte d'idéal vocal que d'aucuns cherchent à apprendre, à maîtriser, à dompter ou à dépasser.

 

Question et enjeu intrinsèque. Le langage ne nous appartient pas, il fait partie intégrante de nous. Sans langage, nous inventons alors d'autres signes, et ceux-ci forcent mon admiration.

 

Au coeur du langage, les mots, même si ces satanés mots ont parfois tendance à dépasser notre pensée.

Les maux des mots !

Mots croisés

Mots tronqués

Mots composés ou avalés, le langage est riche de ses propres définitions et de ses propres avatars.

S'interroger sur le langage, c'est aussi s'interroger sur la langue, sur son appartenance linguistique et donc culturelle.

Appartenons-nous à une langue, ou est-ce elle qui nous appartient ? Dans les deux sens nous nous définissons par l'emploi et le choix des mots.

La perte d'une langue est le signe avancé d'un déracinement, qu'il soit physique ou moral. Devoir abandonner sa langue maternelle doit s'apparenter à l'amnésie forcée.

De toute époque, les récits des migrants parle de cet abandon linguistique subi dans la chair.

Parler pour exister et pour lire dans les yeux de l'Autre la compréhension et l'appartenance.

Parler est le lien, les mots, la base du ciment.

"Tu parles trop"

"Parler à tort et à travers"

"Parler en dépit du bon sens"

"Parler sans réfléchir"

"Parler comme un moulin à paroles"

Dans tous les cas, parler et jouer des mots.

Jouer des mots (ou jouer des mains) pour s'exprimer, et s'exprimer pour être.

Pas besoin de parler la même langue, pas besoin d'employer les mêmes mots, que votre langue soit celle de Molière, de Shakespeare, de Goethe, Cervantès, etc... ou tout simplement celle du corps, des gestes.... il suffit d'exprimer pour partager.

 

 

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Publié dans Humeurs

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P
mon père souffre de la maladie d'alzheimer er de sa langue maternelle, le polonais, il a tout oublié. ni mes soeurs, ni moi n'avons appris cette langue qui se rattachait, selon nous, à la souffrance, à la migration...j'ai en revanche appris l'allemand très jeune et à 47 ans prend toujours un cours par semaine. je suis de l'allemand un fervent amoureux et je lutte chaque fois qu'on tente de rattacher cette langue au nazisme. je ne dis pas qu'il s'agit ici de la raison pour laquelle ton père n'a pas souhaité que tu apprennes cette langue, je dis que beaucoup de personnes jugent cette langue sans la connaître, cette langue merveilleusement musicale, cette langue d'une richesse et d'un intérêt certainement digne d'autre chose que des préjugés que trop en ont, jusqu'aux allemands eux-mêmes, qui sont les premiers à s'adresser à nous ...en anglais.
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J
Je suis en train de découvrir à travers la maladie de mon père que « le langage ne nous appartient pas, [qu’] il fait partie intégrante de nous. » Mon père est allemand et est devenu bilingue depuis son installation en France. « La perte d'une langue est le signe avancé d'un déracinement, qu'il soit physique ou moral. Devoir abandonner sa langue maternelle [j’ajoute, pas seulement celle-ci] doit s'apparenter à l'amnésie forcée. » Peu à peu, je constate qu’il perd ce bilinguisme, et que sa langue maternelle prend de plus en plus de place. Je vois arriver le moment où il ne s’exprimera qu’à travers elle. Il n’a jamais voulu ni que ma mère ni que ses enfants apprennent sa langue d’origine (je ne détaille pas les multiples raisons liées à sa propre histoire). Il restera à chacun de jouer du corps, des mains, du visage, des intonations… « pour s'exprimer, s'exprimer pour être » – comme tu le dis – pour continuer à exister ensemble. Il va falloir à chacun inventer un nouveau langage. « Appartenons-nous à une langue, ou est-ce elle qui nous appartient ? » : sans doute un peu les deux.
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